OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Pirates de tous les pays http://owni.fr/2012/04/16/pirates-de-tous-les-pays/ http://owni.fr/2012/04/16/pirates-de-tous-les-pays/#comments Sun, 15 Apr 2012 23:40:48 +0000 Aidan MacGuill http://owni.fr/?p=106116

Rick Falkvinge, fondateur du Parti Pirate, en Suède en 2009

Le soleil de ce week-end sur la capitale tchèque se conjuguait parfaitement à l’ambiance très optimiste qui régnait parmi plus de 200 délégués des différents Partis Pirates venus du monde entier. Représentants 29 pays, ils se retrouvaient à Prague pour la Conférence du Parti Pirate international, autour de dirigeants encouragés par les succès électoraux que le mouvement connaît en ce moment en Allemagne.

Le bon parti Pirate

Le bon parti Pirate

Le Parti Pirate continue sa progression et entre dans la cour des grands. En Allemagne, le parti politique militant pour une ...

De récents sondages indiquent que le Parti Pirate allemand devient la troisième force politique du pays, tandis que les prochaines élections régionales, au mois de mai, devraient renforcer ses implantations locales.

Avec l’Autriche où le Parti Pirate est crédité de 7 % des intentions de vote, un nombre de militants en augmentation aux États-Unis, au Maghreb et en Europe, les Partis Pirates accèdent ici et là à une véritable reconnaissance institutionnelle – comme en attestait par exemple la forte présence de médias allemands.

Pavel Mayer, élu au parlement de Berlin l’an passé, lors de la première grande victoire électorale du Parti Pirate, se montre optimiste mais prudent :

C’est effrayant. Avec ce succès un grand nombre de responsabilités arrivent, et aussi d’attentes, que nous ne pouvons pas satisfaire. Il y a une évolution qui passe par le parti. Beaucoup de personnes l’ont rejoint, et ils doivent y être intégrés. Aussi ces 10 à 11 % que nous avons atteints signifient-ils plus de travail pour chacun de nous. Et c’est ce qui est effrayant.

Dans ce contexte, à Prague, les débats ont principalement porté sur les prochaines échéances électorales. Avec pour objectif les élections au Parlement européen de juin 2014, pour lesquelles, dans chaque pays, les Partis Pirates présenteront des candidats. À ce titre, la principale mesure décidée lors de la conférence a porté sur la création d’un Réseau européen des Partis Pirates, destiné à coordonner les campagnes et à préparer des coopérations entre les futurs députés. Pour Mikulas Ferjencik, délégué tchèque :

Nous devons nous présenter à ces élections sous le même drapeau.

Sur le fond, les thèmes de prédilection du Parti Pirate – la transparence et l’accès aux processus politiques, les libertés numériques et la réforme des droits d’auteur – semblent rencontrer la curiosité d’un électorat à la fois déçu par les partis conventionnels mais inquiets devant des textes autoritaires et des accords commerciaux préparés à huis clos. Selon Rick Falkvinge, l’un des fondateurs du Parti Pirate suédois :

Ce sont des sujets essentiels et ils ont toujours été essentiels. Le problème c’est que les médias généralistes ne comprenaient pas qu’il s’agissait de sujets majeurs pour les générations connectées (…) Le phénomène n’est pas nouveau. C’était la même chose pour les écologistes ou pour les partis travaillistes. Ils n’étaient pas perçus comme légitime jusqu’à ce qu’ils soient élus. Alors, leurs propositions ont pu acquérir une légitimité – tels les dispositifs reposant sur la solidarité pour les salariés, ou le développement durable pour les écologistes.

Présence du Parti Pirate dans le länder de la Sarre (Allemagne)

De ce point de vue, dans son intervention lors de la conférence, l’auteur et théoricien Cory Doctorow a décrit deux convictions qui se répandraient chez les générations numériques. D’une part, que les politiciens ne les représentent pas (Doctorow parle de « nerd fatalism ») ; d’autre part que leur technologie leur permet de contourner un arsenal législatif restreignant les comportements en ligne. À ce titre, le traité ACTA et les débats qu’il a suscités constituent un point de non-retour, selon Doctorow, mobilisant ainsi toute une population pour laquelle le Parti Pirate défendrait le mieux ses convictions. Pour Rick Falkvinge :

ACTA a certainement joué un rôle à l’échelle européenne, mais aussi, de manière plus décisive, à l’échelle nationale. Si vous observez la Pologne (…) ça a donné au Parti Pirate une base solide pour relancer ses opérations.

En Grèce, trois mois après la création du Parti Pirate, 800 membres avaient déjà été recrutés. Et les sondages créditent maintenant le mouvement de 1 % des intentions de vote pour les élections de mai. Pour Yiannas Panagopoulos, délégué grec :

Beaucoup de gens ne nous connaissent pas encore, mais ceux qui nous ont découverts réagissent très positivement. Ils apprécient que nous utilisions la même démocratie directe dans notre propre parti que celle que nous tenterons de mettre en œuvre au gouvernement. Par opposition aux partis conventionnels, nous offrons la transparence et l’accessibilité.

Cette accessibilité aux processus de décisions politiques, sorte de culture de l’open source appliquée à la gestion des affaires publiques, est un principe fondateur affirmé pour les Espagnols du Parti Pirate catalan (région de Barcelone). Selon Kenneth Peiruza, l’un de ses 762 représentants :

Nous défendons l’accès libre au savoir, à la culture et à l’information. Nous estimons qu’il s’agit d’un minimum de base pour une démocratie en bonne santé (…) Nos membres ont 33 ans en moyenne, généralement ils ont fait des études universitaires. À 70 % ce sont des hommes, comme dans n’importe quel autre parti. Nous sommes majoritairement des enseignants, des professionnels de santé, des artistes et des scientifiques.

Un Acta de guerre

Un Acta de guerre

Samedi dernier, un peu partout en Europe, des dizaines de manifestations se sont déroulées contre l'Acta ; un texte qui ...

Un autre membre de la délégation catalane, Muriel Rovira Esteva, note que les médias généralistes leur proposent maintenant de participer à des émissions grand public après les avoir superbement ignorés lors des trois dernières élections de l’an passé.

Ailleurs, en particulier en France et en Grande-Bretagne, la bipolarisation de la vie politique empêche des petits partis d’émerger véritablement lors des élections nationales.

D’où leur intérêt, dans de tels cas, à miser sur les élections européennes. Pour Ed Geraghty, représentant du Parti Pirate britannique et membre du bureau du Parti Pirate international :

Nous faisons ce que de nombreux autres partis ne font plus – frapper à la porte et discuter avec les gens. Nous tentons surtout de les impliquer dans le processus de vote.

Au-delà de ces enjeux électoraux, la conférence a souligné la portée des débats initialement engagés autour du droit d’auteur et des systèmes de surveillance et de contrôle qui lui sont actuellement associé. Pour Cory Doctorow :

Une fois que vous espionnez les loisirs choisis par une population, vous espionnez l’usage qu’elle fait de ses réseaux, ce qui signifie donc que vous espionnez tout.

D’autres interventions ont permis de dépasser le cadre numérique, étroitement technologique, d’une partie des commentaires et des discussions sur ACTA. Une problématique que Julia Schramm, déléguée allemande, résume en une phrase :

Le Parti Pirate n’agit pas pour Internet ; mais pour la liberté.

De grandes intentions donc. Qui n’empêchent pas les réflexions dignes des professionnels de la politique. Tel Rick Falkvinge, précisant que le plus dur n’est pas de se faire élire, mais d’être réélu.

Retrouvez ici-même tous nos reportages sur les différents Partis Pirates.


Image par Loguy

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Des chevaux de Troie dans nos démocraties http://owni.fr/2011/12/13/des-chevaux-de-troie-dans-nos-democraties/ http://owni.fr/2011/12/13/des-chevaux-de-troie-dans-nos-democraties/#comments Tue, 13 Dec 2011 07:30:11 +0000 Jean Marc Manach http://owni.fr/?p=90135

Ces dernières années, un quarteron d’entreprises privées a développé des logiciels espions visant à déjouer tous les mécanismes de sécurité ou de chiffrement des communications utilisés par ceux qui cherchent à protéger leurs données, et leur vie privée. Ces logiciels, ce sont des chevaux de Troie. OWNI, en partenariat avec WikiLeaks dans le cadre de la publication des SpyFiles, s’est penché sur les documents se rapportant à ces technologies très particulières.

Comme dans la mythologie, un cheval de Troie se fait passer pour ce qu’il n’est pas, permet de prendre le contrôle total de l’ordinateur qu’il infecte, à distance, de sorte de pouvoir y lire les données avant même qu’elles ne soient chiffrées et donc sécurisées, ou encore de pouvoir y activer le micro, ou bien la caméra, et cætera.

Les hackers allemands du Chaos Computer Club ont ainsi récemment révélé comment la police allemande utilisait, en toute illégalité selon eux, un tel virus informatique pour espionner les ordinateurs de criminels supposés.

Mouchards

La police suisse a reconnu utiliser elle aussi le même cheval de Troie. Début novembre, la France publiait de son côté, au Journal Officiel, la liste des services, unités et organismes habilités à installer de tels logiciels espions permettant, à distance, la “captation des données informatiques“, terme officiel pour qualifier l’utilisation de mouchards informatiques.

Les documents internes de la société FinFisher démontrent ainsi toute l’étendue du savoir-faire de ces pirates informatiques au service, officiellement, des seuls forces de l’ordre et des services de renseignements. Dans le cadre de l’opération SpyFiles menée avec WikiLeaks, nous avons pu recueillir plusieurs vidéos d’entreprise de cette société, réalisées à des fins commerciales, pour convaincre leurs clients – essentiellement des États – de la simplicité de leurs outils d’espionnage. En voici un montage (la musique et les explications sont d’origine), révélateur du fonctionnement de ces chevaux de Troie :

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Chiffrés

Un reportage diffusé dans le magazine Zapp de la chaîne de télévision allemande ARD [en] montre qu’ils ont aussi servi à espionner des défenseurs des droits de l’homme en Egypte. Pire : on y découvre que si le discours officiel des autorités allemandes est de soutenir les défenseurs des libertés de ce “printemps arabe“, dans les faits, elles soutiennent également, et activement, l’exportation de ces armes de surveillance, même et y compris à des dictateurs ou des régimes totalitaires où elles sont utilisées pour réprimer la population, au motif qu’il s’agirait d’un “marché du futur“.

Ces comportements, favorisant le développement de telles technologies intrusives, s’expliquent par l’évolution de nos relations aux télécommunications. Car, signe des temps, si la majeure partie des conversations téléphoniques et des données échangées sur le Net circulent en clair, une partie de plus en plus importante de ces flux d’information sont désormais chiffrés.

En 1991, Philip Zimmermann, un développeur américain, met en ligne Pretty Good Privacy (PGP), le premier logiciel de cryptographie grand public permettant à ses utilisateurs de pouvoir échanger des emails ou documents chiffrés, et donc sécurisés au sens où, même interceptés, ils ne peuvent pas être déchiffrés.

Jusqu’alors, ce genre de systèmes n’était utilisé que par les services de renseignements, les militaires, ambassades, gouvernements et, bien entendu, les espions. Mais dans la mesure où les données circulant sur le Net sont à peu près aussi protégées que le sont les cartes postales, Zimmermann estima que les internautes devaient pouvoir fermer l’enveloppe, et donc communiquer en toute confidentialité.

Dans les faits, la robustesse de PGP s’apparenterait plutôt à celle d’un coffre-fort. Pour communiquer, leurs utilisateurs doivent installer le logiciel, et créer une “clef publique“, sorte de coffre-fort ouvert et mis à disposition des autres utilisateurs, et une “clef privée“, qui permet d’ouvrir le coffre-fort une fois celui-ci fermé. Si quelqu’un veut communiquer avec moi, il place le message dans mon coffre-fort public, claque la porte, que je serai le seul à pouvoir ouvrir en utilisant ma clef privée.

La mise en ligne de PGP visait à améliorer la protection des droits de l’homme et la défense de la vie privée, comme il l’expliqua brillamment dans un texte placé sous l’égide du Mahatma Gandhi. Dans les faits, elle lui valut aussi d’être poursuivi, pendant trois ans, par les autorités américaines, qui voyaient d’un très mauvais œil ce qu’elles qualifièrent alors d’“exportation illégale de matériel de guerre”.

Dans un grand nombre de pays, la cryptographie relève en effet de cette catégorie de matériels sensibles que l’on ne peut pas exporter sans l’aval des autorités. A l’époque, Zimmermann bénéficia du soutien d’internautes du monde entier, et les autorités américaines abandonnèrent leurs poursuites. Son logiciel était accessible, et utilisé, dans le monde entier.

Dans le même temps, l’essor du commerce électronique rendait obligatoire la libéralisation de la cryptographie : le seul moyen de sécuriser les transactions est en effet de faire de sorte que l’on puisse envoyer son n° de carte bancaire sur le Net sans risque de le voir intercepté. Et c’est précisément pour cette raison que la France, qui la classait jusqu’alors comme relevant du matériel de guerre, libéralisa finalement la cryptographie à la fin des années 90.

Vie privée

Depuis, un nombre croissant de sites, non seulement de commerce électronique, mais également de réseaux sociaux, fournisseurs de mails, etc., sont accessibles en https (“s” pour “sécurisé“), rendant inopérante les écoutes classiques. L’EFF, pionnière des organisations de défense des droits de l’homme et de la vie privée sur le Net, a ainsi développé un plugin pour Firefox, HTTPS everywhere, afin de généraliser, autant que faire se peut, l’utilisation du https.

Skype et BlackBerry, utilisés par des centaines millions de personnes pour se téléphoner, ou échanger des données, dans le monde entier, sont eux aussi un cauchemar pour les espions aux “grandes oreilles“, dans la mesure où, même interceptées, les communications, chiffrées, sont a priori indéchiffrables.

GnuPG, le logiciel de protection de la vie privée qui permet de chiffrer, sécuriser et authentifier données et e-mails, et qui a supplanté PGP, est de son côté utilisé par la quasi-totalité des développeurs de logiciels libres. Et, au vu de la montée en puissance des technologies de surveillance, nombreux sont désormais les internautes à utiliser des coffre-forts électroniques, tel TrueCrypt, pour sécuriser leurs données et éviter qu’elles ne puissent tomber dans de mauvaises mains.

Afin de répondre aux risques d’espionnage informatique, ou de pertes de données confidentielles, les autorités elle-mêmes encouragent les entreprises à apprendre à leurs salariés comment s’initier à la sécurité informatique, et sécuriser leurs communications (voir, à ce titre, mon Petit manuel de contre-espionnage informatique).

C’est cette évolution des pratiques numériques qui a favorisé l’émergence de systèmes de surveillance et d’intrusion de plus en plus sophistiqués, qui répondent de nos jours à la demande de tous les États. La question reste de savoir qui encadrera l’exportation de ces armes de surveillance de sorte que nos démocraties cessent de porter aide et assistance aux dictateurs…


Photos des chevaux de troie au festival Burning man par Abraxas3d [cc-bync] et Terra Incognita [cc-bync] via Flickr

Retrouvez notre dossier sur le sujet :
Un gros requin de l’instruction et Une journée sous surveillance

Tous les articles OWNI/WikiLeaks sont là

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http://owni.fr/2011/12/13/des-chevaux-de-troie-dans-nos-democraties/feed/ 217
Une #nuitsujet hack corps perdu http://owni.fr/2011/06/09/radio-nova-nuit-sujet-hack-corps-perdu/ http://owni.fr/2011/06/09/radio-nova-nuit-sujet-hack-corps-perdu/#comments Thu, 09 Jun 2011 11:17:55 +0000 Mathilde Serrell (Radio Nova) et Ophelia Noor (Owni) http://owni.fr/?p=66715 C’est comme ça qu’on se donne à la #nuitsujet… 6 heures de radio augmentée où la planète NOVA et la soucoupe OWNI.FR s’hybrident.

Pour cette deuxième édition, après « Dégage ! » et ses soulèvements démocratiques 2.0, nous avions choisi « Hack ! ». Un mot d’ordre idéal pour une émission mutante. Au menu, piratages et bidouillages, des bateaux somaliens aux labos post-humains.

Quelques jours après l’expérience, l’« éthylotweet » est retombé à zéro, mais ça frime sévère : #nuitsujet en tête des discussions sur Twitter en France pendant 12 heures ! 9ème « topic » mondial ! Eh ouais mec.

Sur la route du hack

Post-radio oblige, le studio se décloisonne : en interface totale avec le réseau, mais aussi connecté IRL à la verrière de Nova. Pour l’occasion elle s’était transformée à la fois mini forum et en nano hacker space ! On y a vu des bidouilleurs d’imprimante 3D, mais aussi Slim Amamou, blogueur star de la révolution tunisienne. Démissionnaire de son poste de secrétaire d’état à la jeunesse, il a accordé ce soir là un entretien exclusif à OWNI dans lequel il s’explique sur les raisons de son départ et pointe du doigt les services de sécurités tunisiens.

En 6 heures de navigation sur les routes du piratage, nous avons circulé parmi les hommes et les utopies. Les monnaies libres, les prémices d’un monde sans Copyright, les pirates de l’État, les États pirates aussi – spéciale dédicace à la Chine où les comptes Gmail de dissidents viennent d’être piratés!- On a parlé à des fantômes du piratage urbain, et même à des gens qui les avaient rencontrés…

by Fano Loco /-)

Les pirates d’aujourd’hui ouvrent le bal dès 20h00 avec un retour sur l’e-G8 de Sarkozy par Andréa Fradin. Absence de la société civile, internet sécuritaire et civilisé, séance mémorable sur la proprieté intellectuelle avec JP Barlow. L’eG8 sera hacké par une conférence de presse de la société civile dès le deuxième jour. Sous la veranda, on brainstorm avec Paul Moreira, Quentin Noirfalisse et Etienne Rouillon :  Qu’est-ce que le piratage aujourd’hui ?

Nuit Sujet Hack #1 – Les pirates d’aujourd’hui by OWNI


by Fano Loco /-)

On enchaîne avec Piraterie et Politique, et en studio Sylvain Lapoix sur les pirates précurseurs en politique. Et les élections ? Bruno Fuligni, auteur de “Votez fou” nous raconte le piratage des scrutins par de fantasques candidats. On court à nouveau vers les canapés de la verrière pour un brainstorm sur les états pirates et les états piratés, avec Aline Kremer pour la Russie, Olivier Tesquet sur les whistleblowers et Sébastien Thoën d’Action Discrète (Canal +)

Nuit Sujet Hack #2 – Piraterie & Politique by OWNI


Economie et pirateries… il est déjà 22h00. Zoupic prend une grande respiration et se lance sur le thème “monnaies libres, libres des monnaies”. Comment augmenter le partage et la répartition des richesses ? Après un retour sur l’histoire des monnaies, on passe en revue les alternatives :  le bekshare à San Fransisco, la luciole, le Sol violette, le WIR, etc. Et sur le net, les bitcoins, ripple et autres superfluid. Avant le brainstorm, Jean-Marc Manach nous régale d’une chronique sur les hackers et la DST.

Et le brainstorm ? Capitalisme et piraterie, rien que ça ! C’est Jean-Philippe Vergne qui s’y colle, co-auteur de l’organisation pirate, avec Antoine Champagne, créateur du site Kitetoa.com et Lionel Maurel alias Calimaq, juriste spécialisé dans les questions de propriété intellectuelle.

monnaies alternatives par Philippe Couve /-)

Nuit Sujet hack #3 – Hacker le capitalisme by OWNI

by t0ad /-)

Pirateries et droit d’auteur à 23h00… Des brevets scientifiques au biohacking, Florient Latrive, journaliste à Libération, ouvre le bal par téléphone, sur le thème des brevets pharmaceutiques : quelles conséquences dans les pays du Nord et ceux du Sud ? Que se passera-t-il demain avec les brevets sur les gènes ? Quelles sont les alternatives possibles ? Limitation des brevets, open drugs, financements publics…

Les pieds dans le gazon, assis confortablement sur les sofas, on brainstorm sur la culture de la piraterie, du copiage et du remix : Vincent Castaignet du groupe musique Cap Digital, Francis Gosselin, chercheur en économie et Calimaq.

Nuit Sujet Hack #4 – Piraterie et droit d’auteur by OWNI


by t0ad /-)

Minuit sonne sous la verrière de Radio Nova… Let’s go Hack IRL ! In-Real-Life ! Le Hacking citoyen, Geoffrey Dorne en a fait son projet de fin d’études à l’ENSAD. Chercheur en design et collaborateur, entre autre, d’Owni.fr avec sa chronique Vendredi c’est graphism, il explique comment le citoyen peut aller “à l’encontre de la surveillance accrue et pouvoir ainsi, recouvrer certaines libertés et certains droits menacés par l’État.” Le contenu de la box ? Découvrez-le sur Graphism.fr !

Et hop on file sur les canapés pour un brainstorm sur les piratages urbains avec Samira Ouardi et Stéphanie Lemoine, Ophelia Noor sur la galerie souterraine de New-York, Underbelly Project et Lazar Kunstmann porte parole de l’UX, Urban Experiment.

Nuit Sujet Hack #5 – Le Hacking IRL by OWNI


Stéphanie Lemoine, Samira Ouardi et Julien Goetz, sous la verrière, session brainstorm piratages urbains

Les hacks de demain, comme celui du cerveau…. Rémi Sussan, journaliste spécialisé dans les nouvelles technologies et Guillaume Dumas, chercheur en interaction sociale sur l’hyperscanning, une technique d’imagerie cérébrale permettant d’enregistrer deux cerveaux simultanément, sont dans le studio. Décollez vos neurones avec le mp3 de la séance car on enchaîne avec une séance DIY (do it yourself) de sextoys, fabriqués par Laura, en 5ème année aux beaux-arts et interviewée par Sabine Blanc, pendant le festival du HackerSpace de Toulouse.  Bientôt deux heures du matin, il est temps de hacker l’humain, pour un brainstorm enlevé avec Pierre Cattan de Cinquième étage productions et Aurélien Fache, développeur Ownien !

Nuit Sujet Hack #6 – les hacks de demain by OWNI

clôture de la nuit sujet sur un rap de Giulo

Terminons sur ces mots de Julien Goetz :

Hacker, c’est sans doute aussi une volonté de se réapproprier ce que l’on estime libre, ouvert, accessible à tous, “piller le pilleur” comme l’affirmaient certains capitaines de vaisseaux. Une façon de bidouiller le système pour rééquilibrer les forces, de promouvoir le partage, d’ouvrir des champs de recherches insoupçonnés, de créer des usages insoupçonnables, de hisser l’échange en étendard et de stimuler la créativité à tout prix sauf celui de vente. Tout se pirate et nous sommes tous pirates.

Stay tuned /-)


Retrouvez la Une de la première nuit-sujet “Dégage!”

L’application de la nuit sujet #2 Hack

Design de l’application by Loguy et développée par Pierre Romera
Dessins de t0ad et Fano Loco
Photos d’Ophelia Noor, Pierre Alonso et Philippe Couve

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http://owni.fr/2011/06/09/radio-nova-nuit-sujet-hack-corps-perdu/feed/ 10
OWNI+NOVA=Nuit Sujet #2: Hack! http://owni.fr/2011/05/16/owninovanuit-sujet-2-hack-radio-pirate/ http://owni.fr/2011/05/16/owninovanuit-sujet-2-hack-radio-pirate/#comments Mon, 16 May 2011 06:30:51 +0000 Julien Goetz http://owni.fr/?p=62505 10 mai 1981 : François Mitterrand accède à la présidence de la République avec dans ses valises une série de réformes des médias. Côté radios, certaines vont passer de “pirates” à “libres”. Tiens donc, 30 ans que les flibustiers des ondes sont rentrés dans le cadre légal. Un prétexte comme un autre pour aborder une notion à visage multiple : la piraterie.

Savoir si quelqu’un ou non doit être qualifié de pirate est une question dont la réponse appartient à celui qui a le pouvoir

En une phrase à peine, on sent que ce n’est pas gagné et que là, pour le coup, si on veut vraiment parler de “culture” pirate, si on se pose deux secondes la question, alors on sent vite l’avalanche de pistes, de sujets, d’interrogations…

Six heures pour causer hack, piraterie et autres flibusteries, ce sera un minimum. Le temps qu’OWNI et Nova filent dans un recoin sombre – tel un Clark Kent foutraque hybridé – et reviennent fusionnés en “Nuit Sujet”, ça sera l’opus n°2 : “Hack!” parce qu’après “Dégage!” fallait que ça claque !

Qu’y a-t-il de commun entre l’image d’Épinal du drapeau noir à tête de mort flottant au large et l’ado qui récupère films, jeux ou mp3 en peer-to-peer ? Qu’est-ce qui lie le pirate agissant au large de la  Somalie au hacker qui se joue des secrets du réseau ? Qu’est-ce qui rapproche l’exil de capitaux dans les paradis fiscaux et des allumés qui ont décidé que défendre “l’abrogation des lois de la pesanteur préjudiciables aux buveurs” lors d’une élection présidentielle ?

Chic, on Hack !

Tous détournent, piratent, hackent, bidouillent, s’immiscent volontairement ou non dans les interstices de la légalité, voire carrément en dehors. Ils cherchent l’autrement, (re)créent d’autres espaces, investissent ceux délaissés. La piraterie c’est un territoire : maritime au XVIième siècle, liquide comme les flux numériques aujourd’hui et encore indéfini pour demain, en perpétuel mouvement, toujours protéiforme.

Hacker, c’est sans doute aussi une volonté de se réapproprier ce que l’on estime libre, ouvert, accessible à tous, “piller le pilleur” comme l’affirmaient certains capitaines de vaisseaux. Une façon de bidouiller le système pour rééquilibrer les forces, de promouvoir le partage, d’ouvrir des champs de recherches insoupçonnés, de créer des usages insoupçonnables, de hisser l’échange en étendard et de stimuler la créativité à tout prix sauf celui de vente. “Du bon usage de la piraterie” comme l’écrit Florent Latrive…

Tout se pirate et nous sommes tous pirates. Du coup autant en causer ensemble.

Avec un pareil sujet, on a plus que nécessaire pour remplir une antenne, on a même de quoi déborder dans une web-application dédiée revue et corrigée sur laquelle vous pourrez commencer à échanger en amont de l’émission, pendant et après.

On parlera de hack politique, économique, culturel, IRL, biologique. On évoquera flibustiers, DIY, monnaies libres, détournement d’objets, arduino, street art, propriété intellecutelle et droits d’auteurs. Un gros mashup de possibles, un fourre-tout de contre-culture qui devrait poser pas mal de questions et peut-être dessiner quelques réponses.

Alors c’est reparti pour 360 minutes d’antenne, une révolution, encore une.

Rendez-vous de vive voix, le 30 mai, 20h.

Et dès maintenant sur la web-application dédiée

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Retrouvez les 6 heures d’antennes de la Nuit Sujet #1 : Dégage !

L’implication des réseaux sociaux dans les révolutions du Maghreb

La communication et le marketing  des révolutions

Les expériences web comme outil de lutte, ailleurs dans le monde

La prédiction des révolutions par l’open-data

Le potentiel révolutionnaire du web français

Le web est-il un outil de la démocratie ?

La Nuit Sujet #1 en images

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Et la webapp de ce numéro #1

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[CONCOURS] Toi aussi, fais la com’ de l’HADOPI http://owni.fr/2011/05/13/concours-com-hadopi-lol-slogan/ http://owni.fr/2011/05/13/concours-com-hadopi-lol-slogan/#comments Fri, 13 May 2011 17:44:58 +0000 Admin http://owni.fr/?p=62633 Il semblerait que pour l’été, la HADOPI nous prépare une nouvelle opération de communication. Après les péages, ce sont vos écrans et vos esgourdes qui vont être envahis de messages à caractère informatif assénant les dangers du piratage. Et ce dès la mi-juin.

Première phase de ce nouveau plan com’, une conférence de presse mémorable, accompagnée d’un sondage qui respecte les règles de l’exercice.

Chez OWNI, on se dit que même si une agence de communication planche déjà sur la question, rien ne nous empêche de participer à la diffusion du message.

Aidons-les à trouver des messages percutants, des visuels signifiants, des slogans qui claquent, des sons pédagogiques et des vidéos informatives. Et envoyez le bouzin à hadopi@owni.fr.

C’est Geoffrey Dorne, tenancier de Jaffiche.fr et de la chronique Vendredi, c’est Graphism, qui ouvre le bal avec un poster tout bonnement merveilleux; voyez plutôt:

L’ami Loguy se joint à lui avec une affiche made in OWNI, à compléter donc, à l’aide de vos petites mimines et de vos esprits tordus:

Avec à la clé, pour le gagnant, au choix:

- un poster dé-di-ca-cé de Geoffrey pour le premier et neuf autres dédicacés par nous, soyons fous.
- une journée sous la table de Jean-Marc “Maître Splinter” Manach
- son nombre de followers en bières (avec n le nombre de followers et n ≤ un nombre raisonnable :)

Et comme on est trop cool, on vous livre une fournée fraîche (ou presque) de braisntorming… Ouais /-)

- Hadopi, ton meilleur ami // ton ami pour la vie
- Hadopi c’est beau la vie, pour les grands et les petits
- Avec Hadopi, le piratage c’est fini // les pirates fuient
- Hadopi, et l’Internet est parti
- Hadopi et l’Internet devient gentil
- Si t’as Hadopi, t’as tout compris
- Hadopi, c’est tout.

On vous rappelle l’adresse: hadopi@owni.fr ; via Twitter, ça marche aussi. A vos cervelles.

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Hadopi vous présente ses meilleurs voeux http://owni.fr/2011/01/13/hadopi-vous-presente-ses-meilleurs-voeux/ http://owni.fr/2011/01/13/hadopi-vous-presente-ses-meilleurs-voeux/#comments Thu, 13 Jan 2011 12:06:58 +0000 Andréa Fradin http://owni.fr/?p=42163 Cotillons, réveillon, résolutions; la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi) n’y échappe pas: pour elle aussi, c’est l’heure du bilan et des vœux. Le rituel s’est déroulé hier dans une minuscule salle de la rue du Texel, à l’occasion d’un premier “point d’étape”: synthèse des opérations, revues des troupes, l’Hadopi a également profité de ce début d’année pour annoncer la seconde étape de la riposte graduée.

“Le début de la phase pénale”

Marie-Françoise Marais, présidente de la haute autorité, Eric Walter, son secrétaire général et Mireille Imbert-Quaretta, en charge de la Commission de Protection des Droits (CPD), le “bras armé” de l’Hadopi, souhaitent ainsi une heureuse année aux négligents récidivistes (ou récidivistes négligents, c’est selon). C’est officiel, ceux-ci devraient faire l’objet d’une deuxième salve de mails d’avertissement qui se verront cette fois doublés d’une lettre recommandée avec accusé de réception. La lettre-type [PDF], présentée à cette occasion, compile volets répressifs (partie “recommandation”) et informatifs (listing des droits).

Cette nouvelle étape marque “le début de la phase pénale”, a souligné la présidente de la CPD, déclarant que les premiers mails répondaient avant tout à la mission “pédagogique” de l’Hadopi.

On passe donc aux choses sérieuses, Mireille Imbert-Quaretta indiquant sans plus de précisions que des internautes coupables de “négligence caractérisée” ont été repérés une deuxième fois:

Des itérations ont déjà été repérées.

L’Hadopi enclenche la vitesse supérieure et annonce également par la voix de sa présidente que si 2010 était l’année de “la construction juridique et administrative”, “2011 sera l’année de la labellisation des offres légales”. Reste qu’avant de lister les sites qui s’engageront à “respecter les droits d’auteur” [PDF], un premier bilan de l’avancement des travaux en cours s’impose.

“Nous n’aurons plus aucune limite !”

Sur le plan répressif, le triumvirat hadopien refuse d’évaluer son action, estimant qu’un délai de 18 mois est nécessaire pour juger de l’efficacité de la riposte graduée. En revanche, il se félicite de ses premiers pas. Avec “2000 recommandations jour”, soit “70 000 mails d’avertissement” depuis l’enclenchement de la machine le 1er octobre dernier, Mireille Imbert-Quaretta estime que les “objectifs sont atteints”.

Pourtant, les résultats sont encore bien loin des 10 000 envois quotidiens annoncés au préalable. Qu’à cela ne tienne, ce retard à l’allumage est “volontaire” et a laissé place à une véritable “montée en charge” qui devrait permettre d’atteindre le but initial au courant de l’année, annonce la présidente de la CPD. Mieux, avec une révision de la procédure, les bornes quantitatives devraient même s’envoler, toujours selon Mireille Imbert-Quaretta:

D’ici à la fin de l’année, nous n’aurons plus de limites ! Nous ferons ce que nous voulons !

Un enthousiasme qui risque fort d’être contrarié par quelques “problèmes d’ajustement”, venus gripper la lourde machinerie du bras armé d’Hadopi, et que reconnaît d’ailleurs volontiers l’autorité administrative. Mails d’avertissement “obliques” (comprenez par là que leur lecture n’est pas facilitée par l’angle d’inclinaison du document) ou doublon dans les saisines des ayants droit: la riposte graduée n’est pas tout à fait rodée et doit encore s’affuter.

Pour ce faire, discussion et conciliation sont privilégiées dans les cas ambigus, a encore fait valoir Mireille Imbert-Quaretta, qui tente de donner un visage humain à sa commission, qui traîne comme un boulet l’image d’une usine à gaz.

Logiciels de sécurisation: “on n’en a rien à faire”

“Moyens de sécurisation”, ça vous dit quelque chose ? Mais si: cette liste d’outils permettant de sécuriser son accès à Internet, afin de les conseiller aux internautes, et qui n’a de cesse d’être reporté. Pour ne pas déroger à la règle, sa finalisation vient une nouvelle fois d’être décalée dans un temps futur et incertain. Un nouveau document, définissant les spécifications de ses moyens, va être rédigé et “mis à consultation d’ici la fin du mois”, a précisé Éric Walter.

Bonne nouvelle néanmoins, cette redéfinition devrait accorder une place plus importante à l’usager. Les solutions “installées au cœur du réseau” et qui échapperaient à son contrôle sont a priori exclues et le code du logiciel devrait être en open source. Autre geste en faveur de l’internaute: le journal qui répertorie ses faits et gestes, qui a valu le délicat surnom de “mouchard” aux logiciels de sécurisation, pourra au choix: ne pas exister, être en clair, ou bien encore sécurisé – autrement dit, verrouillé. Reste à voir comment -et quand- vont se déployer ces mesures, qui ne convainquent pas les plus réticents, pour qui ce projet reste un cheval de Troie menant tout droit au filtrage.

Il faut dire qu’il est de plus en plus difficile de saisir l’utilité de ces moyens de sécurisation. Et l’Hadopi n’y aide pas vraiment. Du côté de la CPD, c’est désormais clair:

Les moyens de sécurisation, on n’en a rien à faire. C’est indépendant de la contravention pour négligence caractérisée.

A l’origine pourtant, lors d’Hadopi I, ces outils devaient permettre de dédouaner l’internaute pris dans le collimateur de l’Hadopi. Car, comme l’énonce Mireille Imbert-Quaretta:

La Haute Autorité ne sanctionne pas les pirates, mais la négligence caractérisée.

Autrement dit, le fait de ne pas sécuriser sa ligne et de se retrouver en conséquence avec des œuvres piratées sur son ordinateur. Si déjà avec la deuxième version de la loi, le lien entre moyens de sécurisation et constitution de négligence caractérisée était rompu, il n’empêche que l’installation de ces logiciels de sécurisation constituait encore un bon point pour le contrevenant. Aujourd’hui, c’est fini et il est grand temps que nos “cerveaux reptiliens” oublient Hadopi I, lance Mireille Imbert-Quaretta.

Pourquoi alors s’évertuer à faire (et à annoncer) une liste de moyens de sécurisation ? Une partie de l’Hadopi pédalerait-elle dans le vide ? Silence. Rires. Réponse:

Il n’est pas absurde qu’une autorité administrative s’intéressant au net préconise l’installation de logiciels de sécurisation. Vous n’êtes pas sans savoir que c’est indispensable de nos jours, avec le commerce en ligne, tout ça…

Amis internautes, dormez sur vos deux oreilles: le logiciel de sécurisation ne vous aidera peut-être pas à vous dépêtrer de la riposte graduée, mais il vous protégera d’Internet -insistance sur la majuscule démiurgique. La Haute autorité dépasse donc ici ses attributions et va même plus loin, en reconnaissant finalement… que ce sont bel et bien les pirates qui sont dans son viseur:

On a beau être des dinosaures, on n’est pas niais ! La majorité des gens qu’on attrape sont des téléchargeurs.
Mireille Imbert-Quaretta

Ah. D’accord. Bye-bye “négligence”, “défaut de diligence dans le maintien opérationnel du dispositif de sécurisation”. Retour aux fondamentaux. Retour aux pirates.

C’était bien la peine de se donner tout ce mal.

Pour le roman-feuilleton dans son intégralité, lire Le Cahier Hadopi 2010

Illustrations: photo Marc Rees ; CC Flickr: Trish Hamm, mrmanc

Image de Une par Loguy

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Quand les pirates inventaient la démocratie et l’assurance maladie http://owni.fr/2011/01/03/quand-les-pirates-inventaient-la-democratie-et-lassurance-maladie/ http://owni.fr/2011/01/03/quand-les-pirates-inventaient-la-democratie-et-lassurance-maladie/#comments Mon, 03 Jan 2011 09:36:09 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=40896 Le 28 juillet 1609, une simple tempête jetée sur les premiers bateaux de la conquête anglaise a suffi à percer un trou dans le merveilleux projet de la Couronne : envoyé comme ses confrères pour alimenter en « bras frais » la colonie nouvelle de Virginie, le Sea Venture fut précipité sur une île paradisiaque des Bermudes, sans qu’aucun de ses habitants ne périsse. Or, dans ces contrées inexplorées, riches et pauvres Britanniques découvrirent le mode de vie oisif et heureux d’une poignée d’Indiens caraïbe pour lesquels la propriété privée, pas plus que le travail ou la faim, n’existait (presque) pas.

Alors que les bagnards déportés dans les plantations de la côte américaine crevaient de faim, de soif, poussés pour certains au cannibalisme par l’acharnement de la Virginia Company à exploiter ces terres nouvelles, l’équipage du Sea Venture se constitua en mutinerie et envoya à Londres un message improbable : ils resteraient hors du système.

Présentée en exergue du livre de Marcus Rediker et Peter Linebaugh (L’Hydre aux mille têtes, histoire cachée de l’Atlantique révolutionnaire), le naufrage du Sea Venture trace la ligne qui a séparé jusqu’au XIXe siècle la marine britannique et la piraterie : d’un côté, les folles ambitions économiques des grands marchands anglais et, de l’autre, le refus de d’une poignée de marins de servir de chair à canotage à cette dictature maritime qui sonnait le début du capitalisme. Car, n’en déplaise à Peter Pan, Walt Disney et tous leurs amis, la cruauté maritime était plutôt l’apanage de la Compagnie des Indes et des divers amiraux de la Royal Navy que des pirates de tous les océans.

Les débuts du capitalisme anglais : la dictature maritime

À l’époque où commence l’aventure maritime de l’Angleterre, le pouvoir doit faire face à un phénomène nouveau : l’exode rural. Avant même de les jeter dans les navires, la Couronne avait déjà commencé par jeter les pauvres à la rue en brisant le fonctionnement agricole traditionnel médiéval, basé sur l’usage de terres partagées (les commons), au profit de propriétaires terriens. Or, au même moment, les nouvelles colonies usaient à l’exploitation des champs et à la traite des Noirs des milliers d’hommes chaque mois, qui mourraient soit en route, soit sur place. La monarchie décida donc de déverser les prisons dans les bateaux qui, par la dureté de la mer, avaient l’avantage de se vider bien plus vite.

Poussé par la concurrence avec la Hollande pour l’appropriation du Nouveau Monde, l’Angleterre promulgua successivement des lois de plus en plus dures pour les marins et les paysans expropriés : en 1617, la déportation devint une peine criminelle légale ; en 1649, le refus de l’enrôlement forcé sur les chantiers navals devint passible de la peine de mort. En 1652, les Articles of War instaurèrent un véritable régime martial dans la Royal Navy, punissant 25 des 39 délits énumérés de la peine capitale. La terreur devint la règle des amiraux, seul outil dont disposait la Couronne pour faire tourner la machine atlantique qu’elle n’arrivait plus à alimenter. Car, les milliers d’hommes dont avait besoin le Commonwealth pour maintenir le pont de bateaux entre Londres, la Virginie et la Guinée, elle n’avait pas les moyens de les payer ou de les nourrir ! En 1620, les révoltes se multiplièrent pour non paiement de soldes et conditions de travail inhumaines : selon Rediker, trois quarts des marins recrutés de force périssaient dans les deux ans qui suivaient leur enrôlement. Et, parmi eux, seulement un cinquième mourrait pendant les batailles. Des conditions de vie qui poussaient des effectifs grandissants de l’autre côté de la loi de la Couronne, dans les bras des boucaniers et des pirates.

Un système humaniste, fruit des mélanges et des traditions

« Double inversé de la figure du souverain » pour reprendre la formule de Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne, l’organisation pirate offrait une sorte de négatif des lois de la Royal Navy dans l’enceinte du bateau : au diktat d’un capitaine « imperator » ne répondant qu’aux ordres des actionnaires de sa compagnie, les pirates opposaient un chef élu démocratiquement, à une voix par tête, pouvant être démis de ses fonctions par le même suffrage, pour couardise, refus de pillage voire pour s’être trop comporté comme un gentilhomme ! Face à lui, un contrepoids, le quartier-maître gérant les réserves et les exigences des marins. Dans cette organisation égalitaire, chacun avait même accès aux vivres et à la boisson, « motivation plus forte que l’or », assurait le capitaine Bartholomew Roberts. Quant aux butins, ils étaient répartis en parts égales redistribuées selon une charte fixée dans chaque bateau : une par marin, une et quart ou une et demi pour les officiers subalternes et une et demi à deux pour le capitaine et le quartier-maître. Trois siècles et demi avant la lettre, les boucaniers avaient inventé le plafonnement des salaires ! Autre originalité : une partie de chaque butin était versé à un fond servant à indemniser les victimes des duretés de la mer, les amputés d’une jambe gagnaient ainsi trois parts du paiement du chirurgien mais, pour un œil, la moitié seulement de cette somme.

Il y a de maigres gages et un dur labeur ; ici, l’abondance et la satiété, le plaisir et l’aisance, la liberté et le pouvoir ; qui hésiterait à se ranger du côté du créditeur, quand tout le risque qu’il court est, au pis, de mourir étouffé ? Non, une vie joyeuse et une vie brève, telle est ma devise », Bartholomew Roberts, capitaine pirate.

Toutes ces idées, les pirates ne les avaient pas créées de toute pièce : nombreux anciens bagnards, ils avaient pour certains vécu comme paysans avant la fin des commons et héritaient de cette tradition paysanne de mutualisation. Sur le bateau, pas même le capitaine n’avait de cabine qui ne soit partagée, et toute atteinte au bien commun était sévèrement sanctionnée : citée dans L’organisation pirate, le « code de la côte » du capitaine Roberts prévoyait la mort pour qui détournerait « ne serait-ce qu’un dollar » du butin collectif.

À cette tradition rurale médiévale s’ajoutait l’apport des cultures indiennes et africaines niant la propriété : face aux mutineries et à la désertion, la Navy se voyait poussée à recruter des Français, des Hollandais mais aussi des Amérindiens, Caraïbes ou Africains, lesquels fuyaient parfois vers les bateaux ayant levé le drapeau noir. Il y était accueilli au même titre que les Européens. Moins nombreuses, les femmes avaient également leur place à égalité avec leurs camarades marins. L’équipage du capitaine noir Sam Bellamy comptait en 1717 huit nationalités, dont des Amérindiens, des quarterons et des esclaves affranchis ou échappés. De ces brassages émergea même un créole des mers, le pidgin, qui, à des mots anglais, ajoutait des bouts de français ou de hollandais, des termes de dialectes algonquins, une grammaire proche des langues d’Afrique occidentale… Face à ces échanges, la Navy édictait des lois : en 1743 encore, elle pendait des marins pour avoir entonné « des chants nègres ».

Une insurrection permanente mais locale

Bien que disposant de quelques « havres » (notamment en Jamaïque), la « nation pirate » restait très fragmentée : le plus gros équipage, celui du capitaine Morgane qui comptait 2000 hommes, était une exception au milieu d’organisations de quelques bateaux, réunissant une ou deux centaines d’hommes tout au plus.

En marge des nouvelles routes commerciales, la haute mer constituait pour les pirates un « maquis » où ils survécurent ponctuellement. Trois « vagues » de piraterie se brisèrent sur trois murs d’argent : en 1670, les boucaniers furent décimés par la Virginia Company, en 1690, la Compagnie des Indes fit pièce à leurs successeurs et, au début du XVIIIe, c’est le très lucratif commerce de l’esclavage qui eu raison des pavillons noirs.

Car, malgré son aspect marginal, la piraterie se mit en travers du processus d’accumulation capitalistique des premiers grands commerçants anglais. Sans être une révolution, elle s’est imposée comme une « insurrection toujours avortée sans cesse renouvelée », pour reprendre les mots de Rodolphe Durand et Jean-Philippe Vergne. Bien que discontinu, ce système de territoires d’égalité et de démocratie en dehors des cartes du Commonwealth a constitué une avant-garde sociale qui résonne jusqu’à aujourd’hui. Pour Hakim Bey, ces « zones d’autonomie temporaire » ou TAZ (Temporary autonomous zone) sont la réponse au problème de la masse nécessaire pour enclencher la dynamique révolutionnaire. Une insurrection permanente d’avant-garde sociale alimentée par des îlots reliés par un réseau hors de contrôle des autorités normatives ? Peter Pan a du souci à se faire…

Quelques pistes pour poursuivre l’exploration

    Un essai à lire et à pirater sur les “utopies concrètes locales” : TAZ de Hakim Bey.
    Une pièce de théâtre classique inspirée du naufrage du Sea Venture : La Tempête, de William Shakespeare.
    Un roman méconnu mais fantastique sur la nation maritime : Le vaisseau des morts de B. Traven.
    De la SF française sur les aventures du capitaine corsaire François Villon égaré sur les mers et dans le temps : Le Déchronologue de Stéphane Beauverger.
    Un film épique sur la réalité de la cruauté de l’amirauté britannique : Les révoltés du Bounty (1962) avec Trevor Howard dans le rôle du capitaine imperator.

Crédit photo : FlickR CC Pacticaowl ; earcos / Wikimedia Fish and karate.

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Hadopi: Godard face à la meute http://owni.fr/2010/05/20/hadopi-godard-face-a-la-meute/ http://owni.fr/2010/05/20/hadopi-godard-face-a-la-meute/#comments Thu, 20 May 2010 10:22:51 +0000 Admin http://owni.fr/?p=16092

Vilain piratin (copyright Jean Gonzague Saint Broute), prends-toi ça dans ton arrière-train de pilleur de culture.

On en aurait pleuré. Alors que la Hadopi persiste à frayer son chemin malgré les failles juridiques, malgré les chiffres qui donnent tort à ceux qui portent cette loi au nom de la défense des artistes et de la bonne santé de l’industrie de la musique, bref malgré le sens de l’évolution, le cinéaste Jean-Luc Godard a tenu des propos aussi justes que salvateurs dans une savoureuse interview accordée aux Inrocks.

À l’heure où certains se demandent si le droit d’auteur n’est pas une notion périmée, Godard prend les devants :

Je suis contre Hadopi, bien sûr. Il n’y a pas de propriété intellectuelle. Je suis contre l’héritage, par exemple. Que les enfants d’un artiste puissent bénéficier des droits de l’oeuvre de leurs parents, pourquoi pas jusqu’à leur majorité… Mais après, je ne trouve pas ça évident que les enfants de Ravel touchent des droits sur le Boléro…

> Vous ne réclamez aucun droit à des artistes qui prélèvent des images de vos films ?

Bien sûr que non. D’ailleurs, des gens le font, mettent ça sur Internet et en général c’est pas très bon… Mais je n’ai pas le sentiment qu’ils me prennent quelque chose. [...] Si je devais plaider légalement contre les accusations de pillage d’images dans mes films, j’engagerais deux avocats avec deux systèmes différents. L’un défendrait le droit de citation, qui n’existe quasiment pas en cinéma. En littérature, on peut citer largement [...]

Le droit d’auteur, vraiment c’est pas possible. Un auteur n’a aucun droit. Je n’ai aucun droit. Je n’ai que des devoirs. Et puis dans mon film, il y a un autre type d’emprunts, pas des citations mais simplement des extraits. Comme une piqûre lorsqu’on prend un échantillon de sang pour l’analyser. Ça serait la plaidoirie de mon second avocat. Il défendrait par exemple l’usage que je fais des plans des trapézistes issus des Plages d’Agnès. Ce plan n’est pas une citation, je ne cite pas le film d’Agnès Varda : je bénéficie de son travail.

Jouissif à entendre de la bouche d’une icône du 7ème art, qui aurait tout aussi bien pu se draper dans ses oripeaux d’artiste pour réclamer pitance en droits d’auteurs sonnants et trébuchants. Étonnant de la part de quelqu’un qui ne pratique pas Internet ? Oh non, le réalisateur d’Histoire(s) du cinéma est trop conscient des limites du droit d’auteur, de ce que chaque œuvre doit à celles qui l’ont précédé, de l’échange constant et mutuel entre les arts.

Bref, il fait preuve d’un bon sens dont feraient bien de s’inspirer les artistes (?) ci-dessous.

Aussi pénible que cela soit, la soucoupe a uni ses forces pour vous proposer un best-of des pires citations des pro-Hadopi.

Attention, éloignez les enfants de l’écran, c’est violent /-)

Bouh Hadopi : le mega-mix en trois K7

“Le droit d’auteur est un droit de l’homme”

Extrait de la lettre ouverte publiée dans Le Monde adressée à Martine Aubry par plusieurs artistes “de gauche”, Juliette Gréco, Bernard Murat, Pierre Arditi, Maxime Le Forestier et Michel Piccoli, pour dénoncer la stratégie du PS à propos de la loi “Création et internet”.

Les mêmes au même endroit :

“En vous opposant, à l’occasion de la loi “Création et Internet”, à ce que des règles s’imposent aux opérateurs télécommunications (comme vous les aviez imposées naguère aux opérateurs de télévision et de radio) pour qu’ils cessent de piller la création, vous venez de tourner le dos de manière fracassante à cette histoire commune.

Vous étiez la résistance à la déréglementation, à la loi de la jungle et du plus fort qui assassine la diversité culturelle. Vous êtes désormais, par l’effet d’une étrange ironie de l’histoire, les avocats du capitalisme débridé contre les droits des artistes à l’heure du numérique.”

Arditi, étonnamment pondéré : “La loi Hadopi n’est pas parfaite, loin s’en faut, mais elle essaie tout bêtement de freiner la destruction de la création cinématographique et musicale, peut-être même littéraire, par les opérateurs de télécoms” (source Le Figaro

Françoise Hardy, pas à une comparaison hasardeuse près :

Comme le dit Thomas [Dutronc], on peut comprendre que si les gens ont l’opportunité d’avoir une voiture gratuitement, ils s’en foutent de contribuer ainsi à la mort de l’industrie automobile.

Confraternelle : “Je déplore que des Cabrel, Goldman, Renaud et autres ne soient pas montés au créneau, comme Alain Corneau, par exemple. Je ne sais plus si c’est Corneau ou Jean-Claude Carrière qui, excédés par le qualificatif de « liberticide » à propos de cette loi, a utilisé l’image d’un poulailler libre avec des renards libres : libres de manger toutes les poules qu’ils veulent et quand il n’y a plus de poules, ils meurent eux-mêmes d’inanition.”

(source Le Nouvel Observateur)

"Internet, c'est caca". Pierre Arditi, Tricot de peau  magazine.

"Internet, c'est caca". Pierre Arditi, Tricot de peau magazine

Thierry Lhermitte : small Brother is helping Hadopi

Thierry Lhermitte, qui vient de remporter un Big Brother Award avec Trident Media Guard (TMG), société chargée du flicage des réseaux et dont il est actionnaire :

« Ecoutez, depuis le vote de ce texte, on peut espérer que le piratage va diminuer. Trouver que cette loi est liberticide, c’est ridicule ! Si quelqu’un volait un CD à la Fnac, est-ce qu’on trouverait « liberticide » d’envoyer un e-mail disant “Attention, vous avez volé un CD, ne recommencez plus” ? »

(source Challenges)

Rions encore, “très au fait des dernières technologies, ce geek” (sic Challenges) entend avec TMG “rendre le téléchargement illégal cauchemardesque.” C’était plus simple en 1996.

Cela ne dispense apparemment pas certains artistes de quelques acrobaties historiques.

Max et le maxi point Godwin

Ainsi, Maxime le Forestier atteint avec un brio et une aisance incroyable un point Godwin qui ferait pâlir pas mal de discussions Internet. Au mieux de sa forme et à l’antenne d’une radio nationale, il passe pas loin de comparer les “pirates” avec les nazis, associe les anti-Hadopis à des pétainistes et devant l’éventualité d’un renoncement à la loi, proclame un vibrant “les Allemands sont là et on les laisse !”.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

(et je vous passe le passage classique de l’amalgame vol-téléchargement, on est plus à ça près)

Arthur H, dommage

Arthur H, un peu moins bas de plafond que la moyenne, tente de nous convaincre avec un argument qui semble imparable.

Il évoque le cas de La Ballade de Melody Nelson, de ce bon vieux Serge. L’argument : c’est sorti par une major, la seule à avoir les reins assez solides pour produire un album à perte. Il faut donc arrêter de tout mettre sur le dos des majors, et arrêter de les télécharger. Oui, mais en fait, non :
- C’était il y a trente ans, aujourd’hui, les majors sont à mille lieues de sortir un album aussi expérimental, avant-gardiste et difficile d’accès que cette somptueuse Ballade de Melody Nelson.
- A l’époque, Gainsbourg avait pondu une tripotée de titres qui ont très bien marché (Je t’aime, moi non plus, Poupée de cire, entres autres). Indéniablement, cela a joué en sa faveur.
- Aujourd’hui, il y a de fortes chances que l’album soit produit avec des bouts de ficelles, téléchargé (gratuitement ou presque) et propulsé sur le Net pour toucher une niche d’amateurs, rencontrer un certain succès et être récupéré par une major au DA rouillé pour espérer dégager quelques bénéfices (en le ré-enregistrant si besoin).

La Hadopi dispose de moyens pointus pour écrabouiller ceux qui téléchargent

Il ne semble donc pas avoir compris que vouloir plaquer un modèle ancien sur un écosystème nouveau n’a pas de sens. Dommage pour lui…

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Pascal Obispo n’est pas très rigolo

Au cours d’une interview réalisée pour Ozap, Pascal, en grande forme et dans une tenue fort seyante, rappelle l’essentiel: “Moi, je suis pour les règles, voilà”.
Un peu plus loin, il précise : “Ce n’est pas moi qui établit les règles”.

C’est vrai, et c’est peut-être mieux ainsi.

Quand il s’enflamme, il s’inscrit dans la plus pure tradition hadopiste, pour rappeler que le téléchargement, c’est du vol. Et le vol, c’est mal. Raison suffisante pour voler les voitures et piquer la bouffe des députés anti-Hadopi, le tout sous l’œil des caméras :

“On va venir avec des caméras chez tous les députés qui votent pour le téléchargement, qui votent pour la piraterie. On va aller chez eux et se servir et on va voir leur tête. On va voir ce qu’ils vont dire. Ils vont nous dire, ‘Ne touchez pas à ma voiture, ne touchez pas à ma bouffe’.”

(Source: Ozap)

Imaginez la scène. Voilà. Lol.

Nous sommes d’accord sur au moins un point, Pascal, “il faut faire quelque chose pour la musique de demain”. Oui, et ce sera sans toi.

Minuscule Thierry Lhermitte

Tout ça vous a donné la nausée ? Allez, remontez-vous le moral avec cette dansante vidéo de QuestionCopyright.org, All creative work is derivative, du projet Minute memes, une série de courts clips sur les restrictions provoquées par le copyright et sur la liberté artistique, réalisées par Nina Paley.

Cliquer ici pour voir la vidéo.


Article rédigé par Sabine Blanc (les légendes, c’est elle), Martin Untersinger et Guillaume Ledit aka La Rédaction, oué.
Illustrations CC Flickr photognome, mugley, Dunechaser, Juanita972 et Juju_84

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Envoyé Spécial : Hadopi et les pirates /-) http://owni.fr/2009/11/23/envoye-special-hadopi-et-les-pirates/ http://owni.fr/2009/11/23/envoye-special-hadopi-et-les-pirates/#comments Mon, 23 Nov 2009 15:34:26 +0000 Guillaume Ledit http://owni.fr/?p=5665 Cliquer ici pour voir la vidéo.

Un reportage que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir en entier, mais qui me semble présenter les choses de manière assez mesurée. Le ton de la première partie n’est en tous cas pas aussi alarmistes qu’à l’accoutumée.

En bonus, une séquence avec Pamela Hute, qui avait l’occasion d’expliciter ses positions sur la soucoupe.

Enjoy !

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

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Piratons pour lutter contre le piratage http://owni.fr/2009/09/16/piratons-pour-lutter-contre-le-piratage/ http://owni.fr/2009/09/16/piratons-pour-lutter-contre-le-piratage/#comments Wed, 16 Sep 2009 09:24:22 +0000 Thierry Crouzet http://owni.fr/?p=3684

coca

Tout le monde connait les conséquences de la prohibition, elle favorise la violence et ne diminue pas l’usage des biens prohibés.

Dans la plupart des pays occidentaux, les cocaïnomanes recensés par les services de santé depuis cinquante ans sont de plus en plus nombreux. Au États-Unis, un des pays où la répression est la plus forte, la consommation est aussi la plus forte. En revanche, dans les rares pays qui, comme le Portugal, ne pénalisent pas l’usage des drogues, le nombre de toxicomanes reste stable et la mortalité associée diminue.

Se fiant à leur bon sens, à la logique première qui nous dit que la terre est plate, nos gouvernants prennent des mesures qui leur semblent bonnes mais qui ont des effets dévastateurs. Ils n’ont aucune culture scientifique, aucune pratique des expérimentations en double-aveugle qui souvent donnent des résultats opposés à ceux attendus. Sous prétexte de l’urgence qu’ils entretiennent (par réaction à la brièveté de leurs mandats sans doute), nos petits chefs agissent comme des chercheurs qui découvriraient un nouveau traitement et l’administreraient immédiatement à des millions de gens. Insensé ! Quoique à l’époque de H1N1 plus rien ne soit très sensé.

Bon ok, souvent nos amis du pouvoir sont sous influences nocives et pas aussi naïfs qu’on le pense. La prohibition des drogues, mais pas celles qui tuent le plus comme le tabac et alcool, booste le marché noir et la délinquance. Le sentiment d’insécurité s’accroît (tout comme les revenus mafieux qui peuvent financer la politique). Les administrés demandent alors plus de sécurité, ce qui implique plus de police, donc plus de pouvoir entre les mains des gouvernants. C’est un phénomène de feedback positif implacable. Au non de la peur entretenue, nous renonçons peu à peu à nos libertés.

La destruction violente des vies et des biens que cause la guerre et l’inquiétude permanente qu’entraîne un état de danger permanent obligeront les nations les plus attachées à la liberté à chercher le calme et la sécurité auprès d’institutions qui tendent à détruire leurs droits civils et politiques. Pour être plus protégés, elles finissent par accepter le risque d’être moins libres. John Jay et James Madison cités par Zygmunt Bauman dans Le présent liquide.

On entretient la peur à tout prix, toutes les peurs, celles de la grippe, des terroristes, du réchauffement climatique, du piratage… Tous les moyens sont bons pour policer la société et pour réduire les libertés. Car c’est l’objectif, non pas celui de régler les problèmes sous-tendant la peur.

Pourquoi aujourd’hui ce combat prend des proportions extrêmes ? Parce que nous étions en passe de gagner une liberté immense, jamais connue dans notre histoire, une liberté si extraordinaire qu’elle aurait fait perdre aux hommes de pouvoir encore un peu plus de leur pouvoir, un peu trop vraisemblablement. Réaction peu surprenante : ils luttent bec et ongle pour défendre leur caste. Ce sera un combat sans merci dont Hadopi n’est qu’une des escarmouches. Nous devons nous élever contre les prohibitions qui n’ont d’autre but que d’entretenir la peur.

> Banalisons ce qui est prohibé.

> Opposons-nous à la répression qui engendre la violence.

> Devenons pirates tout en montrant que nous sommes des citoyens responsables.

> Exerçons notre liberté de partager ce qui est abondant.

> Allons devant les assises s’il le faut pour défendre nos droits. Article initialement publié sur Le peuple des Connecteurs, le blog de Thierry Crouzet

PS. Doit-on faire encore confiance à des politiciens qui nous ont fabriqué un monde absurde ? Mon fils ainé a une angine depuis quelques jours. Ce matin on appelle le centre aéré pour dire qu’il n’ira pas. On nous demande un certificat médical sinon on devra tout de même payer le centre aéré (8 euros). Ok. Si je fais venir le docteur chez moi pour le certificat, c’est 30 euros… et déplacement en voiture, pollution… et nos politiciens se permettent de légiférer sur internet ! Billet dédié au 285 connards qui ont voté hier la loi Hadopi.

>Article initialement publié sur Le peuple des Connecteurs, le blog de Thierry Crouzet

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