Je serai virée pour un Tweet

22 juillet 2011
By Peignois Aurore

Alors que le débat concernant la régulation ou non de l’usage de Twitter par les journalistes fuse dans plusieurs rédactions françaises, j’ai décidé de me poser personnellement la question. Impulsive, je ne serai pas étonnée d’être virée à cause d’un tweet mal interprété. Dois-je pour autant la fermer ?


Le grand dilemme du journaliste web : peut-on tout dire sur les réseaux sociaux ? J’ai tout de même l’impression que cette question est particulièrement proche de la gestion de l’e-réputation. Mais soit.

Faut-il codifier l’usage fait de Twitter et Facebook par un journaliste ? Honnêtement, j’ai envie de dire non. Ce qui revient tout de même à marcher constamment sur des œufs. Pourquoi ?

De mon passage en stage à la RTBF auprès de Damien Van Achter, je me souviens de ses guidelines au sujet des réseaux sociaux. Un point particulier :

« Même avant 9h et même après 17H, vous faites toujours partie de votre société ».

Jusque là on est d’accord, néanmoins, les choses se compliquent dès la seconde suivante, et j’aurais envie de dire à Damien : « ou pas ».

Je tweete boulot, vie privée, coups de gueule, bonnes humeurs, WTF, bons liens, petites piques et autres pointes d’humour via mon profil privé et sécurisé @zariaurore. J’ai bien dis privé. Certes une mention à mon employeur est faite dans ma bio mais pas uniquement. Dois-je pour autant penser journalisme et RTL à 100% ? (Et quand j’étais pigiste indépendante ?).

Pourvu que non !

Je m’explique. Non, je ne suis pas le porte-voix de RTL People/Loisirs/Be. Non, je ne représente pas les idées et les points de vue de ma rédaction, et non je ne veux pas être la page de pub de ma société. Mon compte Twitter n’est que le reflet de mon opinion personnelle. (Ce n’est pas pour autant que je dénigre ce que je fais. J’aime mon job).

Je ne suis pas que content editor chez RTL Belgium. J’ai une vie à côté, je suis aussi une incorrigible voyageuse, une amoureuse de la musique, une cinéma addict et une chieuse de première.

Mais : oui je partage du contenu RTL, oui je fais mention à mon boulot et ses ‘à côté’ (menaces, WTF Presse, lol-conversations, blacklistages, analyses, titrailles, bon mot et belles interviews), oui je charrie la concurrence et/ou mes anciens/actuels collègues, oui j’ovationne et dénigre le travail de la concurrence (et le mien), oui je poste mes coups de gueule perso, mes bons plans resto, mes appels d’aide internationaux et mes remarques ridicules.

Mon compte perso est donc bien perso. Mais voilà, je suis aussi journaliste. Dois-je donc arrêter ou changer mon fusil d’épaule ?

Mon employeur n’a pas (encore) rédigé sa propre guideline sur le sujet. Journalistes, nous naviguons donc tous dans le flou. Personnellement, ça ne me dérange pas. Malgré la sécurisation de mon profil, j’ai accepté que mes chefs et employeurs aient accès à ce que je publie. Certes, j’essaie de m’autoréguler, néanmoins je suis impulsive. J’ai toujours blagué en disant que « bien que mon premier job de webjournaliste m’ait été offert via Twitter, un tweet mettra un jour fin à ma carrière ». Je ne sais pas quand, je ne sais pas pour quelle rédaction et foncièrement, si ça tombe ça n’arrivera pas (d’ailleurs ça m’arrangerait).

Pourtant la porte est ouverte à toutes les fenêtres et je cours quotidiennement le risque. J’en suis consciente mais on ne se refait pas. A cause de mon caractère probablement, mais aussi parce que je tweete perso au boulot.

Tu vas la fermer oui ?

Dans les faits, cela voudrait dire que j’abandonne une part de ma productivité au profit d’une activité personnelle pendant les heures de boulot. C’est exact. MAIS…

Les différentes discussions privées entamées m’apportent très fréquemment des sources, des tuyaux, des indices… qui me sont utiles dans ce que je fais professionnellement. L’autopromotion de mes articles offre des corrections orthographiques instantanées, de la pub à mon employeur/ses services et des idées de nouveaux angles et de nouveaux sujets.

Avant tout, je chasse l’information sur Twitter. M’empêcher d’accéder au réseau social revient à débrancher le câble de mon pc.

Le flux des agences de presse n’est pas ma priorité. Il faut vivre avec son temps et l’évolution de sa profession.

Mon réseau Twitter, je l’ai aussi construit seule le soir, après le boulot, en continuant la conversation ou en me renseignant. Mon compte qui sert aujourd’hui d’outil d’alerte à mon employeur au travers de mes productions ne s’est pas développé pendant mon temps de travail, mais bien pendant mon temps libre.

On pourrait presque dire qu’il s’agit d’un donnant donnant. En quelque sorte, je lui ouvre mon carnet d’adresses, j’estime pouvoir l’entretenir et le consolider pendant mon temps de travail. Foncièrement, on est tous les deux gagnants. Mais cette vision, je suis peut-être la seule à la partager. Je n’en sais rien.

La solution serait donc un compte public lié à mon entreprise qui fonctionnerait de 9 à 17h36 du lundi au vendredi, sauf horaire exceptionnel. La bonne blague. Autant directement le lier à un flux automatique, publier au nom de mon entreprise, ne pas donner de jugement de valeur et ne faire que de l’autopromotion. Oh wait… il existe déjà ! @RTLbe Go !

Enfin tout ça ne règle pas le problème du fait que je suis journaliste et que je dois me surveiller encore plus. La limite est floue. L’outil est récent, tout le monde ne le comprend et ne le maitrise pas. Faut-il pour autant le codifier ? Ou peut-on faire confiance à c(s)es journalistes utilisateurs ?

Je suis pour la confiance, la liberté d’expression et l’ouverture d’esprit. J’espère ne pas être stupide, et ne pas être la seule…

(et si ça tombe, je serai virée pour cet article)

2 Responses to “ Je serai virée pour un Tweet ”

  1. rostumetru on 16 octobre 2011 at 3:48

    Well done, clear good luck

  2. Jerrell Idler on 10 mars 2012 at 2:27

    Un doute beaucoup plus , mumble , en cas d’ennuis , délégué ; charge beaucoup plus , à réfléchir .
    Lorsque obtenu l’a transformé en un problème d’être un petit homme d’affaires et avoir du succès ? Affaires Petit – comme mon père , ou comme moi ?

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